[Grand Format] Wilo, la basket sans plastique

[Grand Format] Wilo, la basket sans plastique

Tu penses encore que chaussure ne peut pas rimer avec écologie ?

Nous avons rencontré David Chapon, fondateur de la marque Wilo, la basket sans plastique fabriquée en France. Oui oui, sans plastique !

Découvre l’histoire de cette belle marque française dans notre premier Grand Format.

Repenser la basket selon une logique entièrement respectueuse de l’environnement et produite en France. 

Tel était l’objectif de David Chapon, 32 ans, lorsqu’il a créé la marque Wilo

Ayant travaillé pendant 7 ans chez Schneider Electric, David est sensibilisé à l’économie d’énergie et à l’environnement. C’est en se lançant dans la création d’une marque de chaussure vegan avec sa sœur qu’il a pris conscience d’une chose. “La mode est à l’antithèse de l’écologie, en particulier la basket” nous dit-il. En effet, le plastique est un élément omniprésent dans la composition d’une chaussure. 

Afin de remédier à ce problème, David a voulu créer une chaussure sans plastique et 100% française. Il a alors fait appel à un cabinet de conseils afin de réaliser une analyse de cycle de vie des produits et ainsi trouver les matières idéales pour composer sa chaussure consciente, en ayant le moins d’empreinte carbone possible.

Wilo, une chaussure à 99% écologique.  

Wilo s’engage auprès de PETA (People for the Ethical Treatment of Animals, l’association qui défend les droits des animaux), à n’utiliser aucune matière d’origine animale dans sa conception.

Ces matières idéales, David Chapon les a trouvées en imaginant une semelle à partir de lait d’hévéa et une tige en coton biologique. Comme toutes les matières premières n’existent pas en France, celles-ci sont importées d’autres pays, mais là aussi, Wilo a pensé à inclure une dimension écologique. Nous pouvons par exemple mentionner les forêts éco-gérées au Vietnam dans lesquelles est récolté le lait d’hévéa. Ces forêts ne subissent aucune action de l’Homme durant leur cycle de développement et aucune population animale n’est déplacée. Tous les composants de cette chaussure sont biodégradables, tous sauf un, les œillets des lacets qui sont en métal. Rassure-toi, le métal se recycle très bien en France ! 

Après avoir trouvé les matières qui composeront sa chaussure, David a dû penser au design. Un design simple et minimaliste qui répond aux contraintes de coût et d’écologie de Wilo. Il a tout naturellement récupéré des vieux moules de chaussures pour la silhouette de sa paire écologique et moderne. On le qualifie parfois d’“artisan moderne” comme il a pu nous le souligner. 

Cependant, produire de façon écologique est beaucoup plus coûteux que de le faire de façon classique. David a donc eu besoin d’un petit coup de pouce pour que son projet puisse voir le jour.

Une authenticité qui plaît.

Ce coup de pouce, il l’a reçu de la part de quelques centaines de personnes via l’achat de précommandes sur la plateforme Ulule. Ce financement participatif a permis à Wilo de bénéficier d’une avance sur l’achat de matériel et main d’œuvre afin de lancer la production des chaussures. David a plutôt un regard d’ingénieur, de par sa profession précédente et a vraiment concentré ses réflexions sur son produit. La campagne Ulule a beaucoup manqué de visibilité à ses débuts. 

“Quand je me suis lancé en communication et en marketing j’ai compris que c’était le nerf de la guerre”. Heureusement, l’authenticité du discours de David a plu à la presse et il a été relayé entres autres par RTL, Les Echos, BFMTV, Ouest France, France 3 ou encore Le Parisien. Ce fut tout de suite un énorme succès pour la campagne qui touchait à sa fin et Wilo a pu dépasser son objectif de 181% avec presque 300 précommandes.

Pour honorer ces précommandes et respecter ses valeurs, David a organisé sa production entièrement Made In France

Pourquoi partir loin quand on peut tout faire chez soi ?

“Quand on parle de Made In France, on parle souvent que de l’assemblage alors que là tous les composants sont faits en France, même les lacets. “

Alors qu’il recherchait un atelier pour produire ses chaussures, David a découvert un atelier à Panissage, en Nord Isère, à seulement quelques kilomètres de chez lui. C’est dans ce petit village de 500 habitants, dans l’un des derniers ateliers au monde à utiliser cette technique,  que sont réalisées les semelles Wilo. Le lait d’hévéa est mis dans des moules et est ensuite chauffé. Sa couleur oscillant entre l’ambré ou le cognac selon les saisons, est due à son temps de séchage allant de 3 à 4 jours. 

Ensuite ces semelles sont envoyées dans un autre atelier à Cholet dans les Mauges (Maine et Loire) afin d’y confectionner la deuxième partie de la chaussure. La tige en coton biologique est alors cousue à la semelle. 

En choisissant ce mode de production, David a décidé de ne faire aucune concession sur ses valeurs fondamentales, celles qui ont fait naître le projet Wilo. Aujourd’hui, même dans la mode éco-responsable, certaines marques doivent faire des concessions pour pouvoir rester compétitives. Ce n’est pas le cas de Wilo qui se positionne aujourd’hui comme un modèle français de la mode consciente. 

C’est quoi pour toi la mode consciente ?

Pour le fondateur de Wilo, “la conscience étant le propre de l’humain, porter des vêtements de manière consciente c’est refléter au monde la personne que nous sommes. La mode consciente c’est savoir ce qu’on porte”. Une belle leçon de philosophie donnée ici par David Chapon, qui renforce nos convictions et qui nous pousse à croire en un monde plus conscient et plus responsable.

Et après ?

“Wilo peut évoluer”, David est convaincu qu’elle a le potentiel pour. Cependant, pour cela la marque doit prendre un tournant et David a besoin d’aller chercher des regards extérieurs et des associés pour imaginer la suite de l’aventure. Le plus important est vraiment de se demander où est-ce que Wilo veut se positionner sur les prochaines années ? Évoluer et devenir un modèle de production à l’échelle nationale voire mondiale ou rester une entreprise modeste à taille humaine ? Seul David en trouvera les réponses, mais une chose est sûre, cette décision respectera les valeurs qui lui sont chères et qui l’ont toujours suivi jusqu’à aujourd’hui. 

Il avait deux objectifs en 2019, monter sa marque et écrire un roman, Whack t’a montré aujourd’hui la réussite de son premier projet en te racontant la belle histoire de Wilo (qu’on t’invite à suivre de près, évidemment). Pour la deuxième belle histoire, c’est David Chapon lui-même qui te la racontera, dans son roman “Eloge du cygne” qui paraîtra le 7 mai prochain… 

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